Accompagner mon enfant à apprivoiser ses émotions

un enfant en colere apprivoise ses emotions

Quelques conseils et petits exercices pour aider votre enfant à mieux accueillir, comprendre et gérer ses émotions, dans une approche bienveillante et de pleine conscience !

Alors que nos émotions ont longtemps été considérées comme des ennemis, la psychologie tend depuis les années 80 à leur redonner toute leur place. Les recherches en matière d’intelligence émotionnelle ont permis en effet d’en mesurer toute l’importance. Nos émotions jouent un rôle essentiel dans nos vies. Elles fonctionnent telles un système d’alerte puissant qui permet à notre corps et à notre esprit de réagir aux événements que nous vivons.

En apprenant à les comprendre, à les identifier, à les accueillir et les gérer, votre enfant développe son intelligence émotionnelle. Il devient capable de mieux se connaître mais aussi de penser et d’agir en toute conscience, de façon responsable.

Alors voici quelques clés pour apprendre à votre enfant à vivre en bonne intelligence ses émotions ! Cet article propose des mini-exercices de relaxation et de pleine conscience pour progresser peu à peu vers une attitude plus sereine.

Apprivoiser mais non contrôler ses émotions 

Contrairement à certaines idées reçues, il n’est pas possible d’apprendre à contrôler ses émotions. Tout simplement parce que les émotions ne peuvent se contrôler : les manifestations physiques de l’émotion sont déclenchées par le système nerveux. Il s’agit d’une réaction de survie naturelle. Transpirer quand nous sommes stressés, pleurer ou avoir la boule au ventre face à l’angoisse et à la tristesse, ou trembler lorsque nous avons peur sont des réactions naturelles du corps. 

Exprimer et manifester ses émotions fait partie de la préservation de notre santé physique et mentale. En cherchant à intérioriser ou cacher ses ressentis, nous créons en nous-même une distorsion entre notre physique (qui n’exprime rien) et notre mental (qui souffre et ressens des émotions fortes). Les conséquences pour notre bien-être sont dramatiques. Le système d’alerte de notre corps qui nous pousse à agir lorsqu’une situation nous fait du mal se met hors service.

Ressentir mais ne pas surréagir aux émotions

Ressentir ses émotions est essentiel pour être à l’écoute de soi-même et répondre à ses besoins. Ce que votre enfant doit apprendre, c’est à ne pas réagir de façon inappropriée sous le coup de l’émotion. En se laissant dominer par la tempête émotionnelle, il n’a plus l’esprit lucide et va réagir de manière disproportionnée. 

L’idée est donc d’apprendre à votre enfant à vivre pleinement ses émotions sans pour autant qu’elles ne commandent ses réactions. Il peut apprendre à séparer l’émotion de la réaction et mesurer le champ d’action qui s’offre à lui. Face à son émotion, l’enfant peut choisir d’agir de façon consciente et responsable. La réaction violente de toute façon n’aura jamais l’aboutissement qu’il souhaite réellement. L’enfant peut développer des réactions positives en s’appuyant sur son intelligence émotionnelle et se débarrasser des comportements violents impulsifs.

 Accueillir les émotions et non lutter contre elles

 Pour apprendre à votre enfant à bien gérer ses émotions, il est primordial de comprendre que nos émotions nous sont nécessaires. Notre corps, qui est à notre service, va intensifier l’alerte si nous refusons d’y répondre. En se coupant de nos émotions, nous coupons la connexion avec nous-mêmes. 

Cette lutte contre nos propres émotions conduit à une intensification de ses manifestations. Nous sommes en colère d’être en colère, nous avons honte d’être triste, nous sommes déçus d’être submergés de stress, nous nous sentons coupable d’être déprimé, nous avons peur de nos peurs…

A l’émotion initiale s’ajoute la culpabilité qui va intensifier notre mal-être.

« Pour accueillir mon émotion, j’inspire profondément et je me dis : c’est ok, c’est ce que vis et ressens maintenant. Quand j’inspire, je respire pleinement cette émotion qui me traverse. J’accueille cette émotion et je la laisse vivre en moi. »

Se détendre et libérer les crispations

Lorsqu’une émotion est violente, notre corps se crispe et une sensation désagréable de compression s’installe. Des douleurs peuvent également apparaître. Détendre les muscles permet de diminuer la tension et de retrouver son calme. L’enfant peut aller chercher en lui où est-ce qu’il ressent des crispations et les défaire. Une technique de méditation consiste à parcourir son corps pour simplement prendre conscience des endroits où l’émotion se manifeste. Le mental effectue une sorte de scan du corps.

« Je porte toute mon attention sur mon corps. J’essaie de ressentir dans quels endroits de mon corps je ressens des crispations, des nœuds, des tensions. Puis j’inspire pour saisir le nœud qui me gêne et j’expire pour le laisser sortir de mon corps. »

Le sourire est une action du corps qui peut aider à développer une humeur positive. En souriant, l’enfant peut prendre de la distance par rapport à ce qu’il vit. Il se reconnecte à la paix fondamentale de son esprit.

« Je souris à l’événement que me propose la vie. Quand j’inspire, je souris pour accueillir l’épreuve que la vie m’apporte. Je sais que je suis plus fort que cela. Je me sens capable de traverser cette épreuve. Je peux continuer à sourire. »

Penser et verbaliser ses émotions

Ressentir une émotion et la penser sont deux choses différentes. Chacune agit sur une zone différente du cerveau. Alors que ressentir une émotion active notre système limbique et l’amygdale cérébrale, l’action de penser va concerner plutôt les zones corticales de notre cerveau.

En ramenant notre émotion dans la pensée, nous pouvons effectuer un changement des zones dans lesquelles notre cerveau va les gérer. L’intensité de l’émotion diminue en conséquence. Nous pouvons alors réfléchir plus sereinement au problème et trouver des solutions.

« Je ferme les yeux et j’observe ce que mon corps est en train de me dire. J’inspire et je reconnais l’émotion qui me traverse… par exemple : je suis en colère quand on touche à mes affaires / je suis triste quand personne ne veut jouer avec moi / je suis stressé quand je dois faire un exercice qui me semble trop difficile… »

Apprivoiser les pensées pour sortir des automatismes

Notre esprit est sans cesse occupé par des pensées automatiques que nous avons construit au fil de notre histoire personnelle. Ces interprétations sont comme un voile d’illusion à travers lequel nous observons la réalité. En d’autres termes, nous ne voyons pas les situations telles qu’elles sont mais telles que nous les percevons en raison de notre expérience passée, de notre environnement, de notre sensibilité…

Ce discours intérieur peut être constructif ou destructif. Cela dépend de la confiance que nous avons acquise de nous-même, de notre vision de la vie ou encore de notre approche des situations. L’enfant peut apprendre à agir sur ses propres interprétations. En modifiant ses pensées automatiques, il construit de nouvelles connexions neuronales qui à mesure du temps s’ancreront. 

« J’agis sur mes propres pensées pour favoriser la joie dans mon cœur et la paix dans mon esprit. Quand j’inspire, je modifie ma pensée pour apporter du positif dans ma vie. »

Ex : je suis en colère quand on touche à mes affaires. Ma pensée automatique est que mon petit frère a touché à mes affaires pour m’embêter. Ma pensée positive pourrait être : mon petit frère touche-t-il peut-être à mes affaires car il veut que je m’intéresse à lui. Je pourrais lui prêter quelque chose pour lui montrer que je tiens à lui ! ». 

Voici quelques astuces pour aider l’enfant à apprivoiser ses émotions.

Votre enfant les a-t-il testées ? Avez-vous d’autres astuces à partager ?
Nous vous attendons dans les commentaires !

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